A LA DECOUVERTE D’UN TALENT CACHÉ

Après diverses formations en Art, en Design de Mode en France et à l’étranger et avec un passage inoubliable chez CARLIN, où les prémices d’un talent en devenir se dessinait, Fanny JOLY a fraîchement finalisé son parcours avec l’obtention du deuxième prix dans la section styliste et modéliste à l’école LISAA à Paris.

Et c’est avec fierté que nous vous faisons découvrir le portrait de cette jeune créatrice de mode autour d’une interview!

MAIS QUEL EN ÉTAIT LE SUJET ?

Le sujet de mon diplôme est un hommage à mon oncle qui malheureusement est décédé.

Y A T-IL UN CONCEPT OU DES INSPIRATIONS ?

Oui je me suis appuyée sur la formule de Mosteller qui permet de déterminer scientifiquement sa superficie de peau, dont je me suis servie par la suite pour modéliser une pièce de chaque silhouette et sans générer de chutes.
Ce concept générateur de formes a été pour moi comme une présence mémorielle!

PAR RAPPORT A CETTE DEMARCHE TRES CONCEPTUELLE, ON A L’IMPRESSION QUE TU AS APPORTE AUTRES CHOSES, D’AUTRES INFLUENCES PLUS PROCHES DE TON UNIVERS. QU’ELLES ONT ÉTÉ TES INSPIRATIONS ?

Effectivement j’ai souhaité puiser mon inspiration dans l’univers du HIP HOP pour ses détails et ses matières sportswear (ripstop, mesh..) et rajouter une touche d’élégance et de sensualité comme peut l’évoquer le style de la femme fatale dans le cinéma des années 20 à 50 (franges, résille,capeline).

 

AS-TU DES REFERENCES ?

Pour cette collection mes références sont assez hétéroclites.
Elles passent par la féminité exacerbée des actrices de films noir : Rita Yaworth, Vivien Leigh, Marlene Dietrich, Loretta Young …au style sportswear testostéroné des rappeurs des années 90’s comme Tupac, Notorious Big, ou NWA .
Tout en gardant cette idée de mixité des genres que j’affectionne par exemple chez Palomo Spain, Yeezy ou Hood By Air

QUEL MODÈLE OU SILHOUETTE ÉVOQUENT–ILS LE MIEUX CES ASSOCIATIONS INATTENDUES ?

Le look 1 incarne bien ce mélange d’univers.
Le haut de la robe est inspiré du maillot des quaterback avec ces épaules exagérées, le tout réalisé dans un ripstop découpé au laser évoquant une résille ovale de maillot de foot. Le tout est contrebalancé par un accessoire féminisant la tenue : un chapeau inspiré des capelines portées par Ava Gardner en travaillant la matière de manière à créer des franges se rapprochant de celles d’une robe de l’actrice de film noir : Vivien Leigh.

Le look 5 est aussi un bon exemple.
L’inspiration vient du sweat sportswear issus du vestiaire du Hip Hop, mais réinterprété de manière plus féminine avec un nœud oversize imaginé d’après le nouage d’une robe de Rita Hayworth dans un film de 1946. La robe en toile enduite superposée en dessous a été réalisée à la découpe laser, reprenant une résille de filet de basket, mais dans une coupe longiligne à la Audrey Hepburn.

S’IL Y AVAIT UN MOT POUR QUALIFIER CETTE COLLECTION, TU AURAIS ENVIE DE DIRE QUOI ?

Finalement à travers cette mixité, elle reste pour moi sans appartenance de genres, j’aurais envie de qualifier cette collection de GENDERFLUID, parce qu’elle joue avec des codes identitaires mais qui se veut pour n’importe quel sexe, sans frontières entre les 2.

 

QUELS SONT TES NOUVEAUX PROJETS ?

Je souhaiterais maintenant intégrer une grande Maison dans le département style en tant que styliste. Ce qui m’intéresse est l’amont d’une collection, c’est à dire toute la partie élaboration de concept, recherche iconographique, culturelle, dessin… et travailler pour le luxe est un rêve que j’aimerais aujourd’hui réaliser!

Ecrit par

Claire REMY

Styliste Senior PAP Femme
chez CARLIN CREATIVE TREND BUREAU

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *