L’année 2020 a été marquée par de nombreux bouleversements, des changements majeurs qui vont faire évoluer profondément notre société. Notre filière va connaître différentes évolutions, notamment en termes d’attentes clients : transparence, information et traçabilité seront les clés pour maintenir la confiance entre les marques et les clients.

En parallèle, en février, juste avant la pandémie, une nouvelle loi a été validée. Ainsi « La loi AGEC », ou loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, vise à accélérer la transformation de notre modèle de production, afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

Cette transformation durable touchera de multiples secteurs, dont le secteur de la mode, du textile et de l’habillement. Ce nouveau cadre règlementaire va poser les nouvelles bases sur lesquelles le secteur de la mode va devoir évoluer ces prochaines années.

En quoi consiste cette nouvelle loi ? Qu’est-ce qui va changer pour les marques ?

On dénombre 7 obligations et/ou préconisations qui toucheront directement le secteur TLC (textile, linge et chaussures). Certaines s’avèrent simples à mettre en place, d’autres plus complexes, nécessitent un profond changement dans le fonctionnement des marques et leur chaîne de valeur :

1.

Déployer le picto triman, afin d’inciter les citoyens à trier et simplifier les règles de tri. Ce picto devra être affiché sur le produit, sur son emballage ou bien sur les autres documents fournis avec le produit à partir du 1er janvier 2022.

2.

En finir avec l’impression systématique de tickets, afin d’éviter de générer des déchets non nécessaires avec une durée de vie très courte. Les marques devront mettre en place l’envoi des tickets via un système respectant le règlement RGPD en protégeant les données des clients, à partir du 1er janvier 2023.

3. 

Collecter les textiles usagés. Afin d’encourager le recyclage et favoriser la deuxième vie des produits, soit par la réparation ou réutilisation des vêtements en bon état, soit par le recyclage des textiles « post consumer ».

4.

Interdire la destruction des invendus, ceci afin de lutter contre le gaspillage et de favoriser le don, mais également dans le souci d’améliorer la gestion de la production, ceci à partir du 1er janvier 2022.

5.

Favoriser une nouvelle production et encourager la production des vêtements dans une logique d’écoconception, d’innovation. Inciter les marques à incorporer un taux minimal de matière recyclée dans le processus de fabrication lorsque cette action améliore la durabilité du vêtement.

6. 

Mieux informer le consommateur afin de favoriser la transparence. Cette obligation prendra deux formes, dans un premier temps à partir de janvier de 2022, les marques devront mettre en place une information accessible et visible concernant les caractéristiques environnementales des vêtements (durabilité, recyclable, emploi de ressources naturelles non renouvelables, présence de substances dangereuses) et dans un deuxième temps calculer et afficher sur les étiquettes l’impact environnemental des produits.

7. 

Renforcer la responsabilité élargie du producteur (REP). Les marques auront encore un rôle à jouer après la distribution de leurs produits, en surveillant les impacts de l’entretien et de la fin de vie de leurs vêtements. Par ailleurs des nouvelles éco-contributions seront appliquées à de plus en plus de produits.

Ces obligations suivront un calendrier précis et les modalités seront spécifiées par différents décrets publiés progressivement par l’ADEME.

Demain les marques devront afficher l’impact environnemental des vêtements sur les étiquettes

Une des obligations les plus complexes à mettre en œuvre sera l’obligation d’afficher le calcul environnemental des produits. L’empreinte environnementale d’un produit est une mesure multicritère de la performance environnementale tout au long de son cycle de vie. L’objectif sera d’obtenir la synthèse du calcul de 16 impacts environnementaux via une note (A, B, C, D, E), sorte de « nutriscore pour la mode » dans lequel “A” correspondrait à la note la plus haute de durabilité et “E” à la note la plus faible.

Comment calculer l’impact environnemental des produits ?

Il faudra tout d’abord maitriser la collecte des données relatives à la chaine de production. Pour simplifier les marques ont besoin de croiser 2 types de données :

Les données primaires 

Les informations sur les ressources utilisées pour la fabrication durant tout le cycle de vie du produit, dont l’utilisation d’énergie, d’eau, les émissions carbones, les déchets générés etc.

Les données secondaires 

Bases de données issues d’ACV (analyse de cycle de vie), statistiques gouvernementales, etc.

Quelle méthodologie utiliser ?

Si aujourd’hui il existe plusieurs systèmes d’ACV pour pouvoir évaluer l’impact environnemental, l’objectif est de standardiser une même méthodologie pour tous, afin de comparer ce qui est comparable.

Demain, les marques devront suivre une même méthodologie de calcul et réaliser les calculs basés sur une même base de données standardisée.

En ce moment 2 projets sont menés en parallèle pour finaliser la méthode de calcul, l’expérimentation Française et le PEF (Product environmental footprint), le système de notation européen qui pourrait devenir la norme mondiale, chacun avec son propre périmètre et ses limites.

Des nouveaux leviers de performance

La mutation de notre secteur a commencé et deviendra obligatoire, mais tous ces changements sont autant de leviers et d’opportunités pour notre filière.

Une chose est claire, pour l’instant les différentes analyses démontrent que la phase la plus impactante est le choix des matières premières. Demain, toutes les informations liées à la traçabilité en lien avec le design circulaire, l’écoconception, seront les clés de réussite pour les marques de mode qui voudront prendre en main leur transformation durable.

Pour plus d’information concernant le calcul de l’impact des produits, les enjeux, les problématiques, les solutions et comment le valoriser, vous pouvez contacter COSE361.

« L’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions » Marcel Proust

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MARLÈNE AUGEREAU
OPERATION MANAGER - SUSTAINABLE FASHION

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