Tic-toc-tic-toc. On en a tous rêvé, le déconfinement français débarque sur nos écrans dans quelques petits jours … Plus que quelques petits jours avant de retrouver légalement (en respectant bien sûr les règles barrières et les distances de sécurité) son ou sa meilleur(e) ami(e), son compagnon, sa grand-mère, son amant, sa fleuriste. Mais sommes-nous réellement prêts à ce retour à la normale ? Ne va-t-on pas plutôt entreprendre une remise en cause de cette « normalité » ?

© Huffington post

Le déconfinement, plus important à préparer que le confinement ?

– Entre confinement J+1 et J+15 – De prime abord, un des premiers statements a été de dire que « le confinement changera notre façon de consommer » ou même que celui-ci changera nos relations à autrui.

Du temps pour soi (parfois trop), se recentrer sur soi-même et ses proches, faire les choses rébarbatives ou ludiques que l’on ne prend jamais le temps de faire (cf. la lecture, la cuisine, le sport, le coloriage, le tri), réaliser les bienfaits de ce ralentissement de la consommation sur la planète. On y a tous plus ou moins été confrontés, mais peut-on parler d’une réelle prise de conscience de la population par rapport à sa consommation ?

© Journal du Net

Quid de la résilience (oui, la fameuse), qui nous anime tous depuis plusieurs semaines ? Comme nous l’avons longuement évoqué dans nos deux premiers articles #confinementmoded’emploi, les entreprises l’ont intégrée et s’en sont accommodées, il a fallu participer à l’effort de guerre et/ou adapter son activité. En effet, pendant que toutes les marques de textile se sont mises à fabriquer des masques, les grands groupes industriels ont porté main forte pour le ravitaillement en gel hydro alcoolique.

Préparer le post-confinement…

Ceci étant dit, ces professionnels ont dû et doivent aussi à penser à leur activité post-confinement. Les entreprises continuent tant bien que mal à maintenir le contact avec leur communauté, de prospérer leur affect, d’accroitre leur empathie et leur confiance, pour, in fine, se démarquer de leurs concurrents.

On peut par exemple évoquer Monoprix, qui, via Instagram, propose à ses followers de laisser des messages de soutien aux employés, des messages diffusés par la suite dans les magasins concernés. Les maisons de luxe, elles, n’ont pas attendu pour continuer à faire rêver leurs admirateurs, que ce soit en diffusant un « jeu de mémoire » consistant à revivre des pièces ou périodes clé via des photos iconiques (Dior) ou en créant gratuitement un parcours immersif de son exposition (Louboutin). 

Let’s play en attendant de pouvoir retourner faire son shopping en magasin! C’est le crédo de The Kooples qui a par exemple mis au défi ses aficionados Instagram en lançant un quizz sur l’histoire de la marque. Nous pouvons également citer la marque du groupe SMCP Sandro qui a créé une ligne de tee-shirts ciglés « Stay strong » dont 100% des bénéfices sont reversés à la Croix-Rouge.

© Exposition Louboutin – Palais de la Porte Dorée

@sandroparis

Original mais efficace, aux États-Unis, la marque de bière Stella Artois organise un #weddingcontest pour aider les couples à se marier après le confinement. Cette nouvelle campagne social media a pour but de financer le mariage d’un couple séparé par le confinement « Far for you, but yes I do ».

Le secteur de la restauration, un des plus touchés par cette crise sans précédent, s’active de son côté également. Tel l’a prouvé le fameux groupe italien Big Mamma. Ce qui était considéré comme inenvisageable avant le confinement est devenu la nouvelle stratégie de la maison. OUI la vente à emporter ainsi que la livraison à domicile sont désormais possibles !

© Stella Artois

@bigmammagroup

S’efforcer de fédérer pour pallier les effets négatifs du confinement sur notre psyché ! C’est une stratégie choisie par beaucoup. Quoi de mieux que l’effort sportif pour se sentir unis ? Adidas Runtastic ou encore Oysho l’ont bien compris en organisant des séances live, de quoi fidéliser leurs clients et en séduire de potentiels. Alors, plutôt cardio training ou yoga ?

Bien sûr, comment ne pas mentionner la musique et la danse comme facteurs indéfectibles pour le maintien du lien social ? Merci à Spotify par exemple, plateforme musicale par laquelle nos oreilles peuvent allègrement succomber à la playlist « sound of Chanel » ou encore à celle de Virgil Abloh « Music journey ». Qui dit musique, dit danse ! On peut ici applaudir l’initiative de Marine Serre, qui a fait partager à sa communauté Instagram une session de « Body party » avec le danseur belge Nick Coutsier, loin des rigides séances de sport. Evidemment, les DJ et boîtes de nuit ne sont pas en reste et vous font danser tous les soirs via des lives exclusifs.

Spotify – Playlist Chanel

Un bon nombre d’initiatives qui nous permettent de nous interroger : va-t-on réellement consommer différemment, voire « moins » ?

Quand on regarde la saturation des lignes téléphoniques chez les coiffeurs, toutes régions confondues, ou encore les trois heures de queue au Drive des Mcdonald’s dès la réouverture de ces derniers ? Il y a matière au doute. 

© Le Journal des Femmes – McDonald’s

Les mentalités ont donc censé avoir évolué depuis ce confinement et cette crise sanitaire sans précédent ? Et bien regardons ce qui passe du côté des commerçants et industriels. Côté industrie, permettons-nous par exemple, d’observer et d’analyser la situation de nos confrères asiatiques. Quid de la Chine ? Ce pays à la genèse du Covid, habituellement adepte de nos best practices. Pourtant, c’est bien vers lui que tous les regards se tournent et scrollent par procuration ses instructions post-quarantaine. Et bien figurez-vous que la précipitation vers les enseignes desquelles la population n’avait plus accès ne s’est pas fait attendre ! En témoigne le samedi 11 avril, jour de réouverture du deuxième plus grand magasin Hermès du pays à Guangzhou, où le record de ventes a été battu (selon le Women’s Wear Daily) avec un total de 19 millions de yuans dépensés (2,46 millions d’euros). La Thaïlande de son côté, toujours en état d’urgence, a interdit la vente d’alcool jusqu’à fin mai. Le boom du dark market en termes de commande de caisses de vin nous laisse à penser que la vente d’alcool post confinement sera exponentielle.

© Siècle Digital / Hermès – Chine

On est donc bien loin de la « dé consommation » assurée au début du confinement !

Appréhender le post confinement de manière résiliente

Et si on envisageait ce Covid-19, ce virus, tel l’engrais, l’accélérateur de petites graines déjà plantées dans toutes nos industries. Plus qu’un accélérateur, on peut même considérer cette pandémie comme un véritable révélateur des forces et faiblesses de nos industries pré 2020.

On parle de durabilité depuis plusieurs années maintenant. C’est donc sans beaucoup de surprise, que de nombreuses études la clament comme un des critères les plus importants dans la décision d’achat des consommateurs désormais. (Voire le plus important selon les régions du monde)

© Alliance Europa

La course à l’innovation a toujours été latente. Et bien, ne serait-ce pas l’opportunité pour se réinventer ? Pour repenser sa stratégie globale, appréhender différemment sa communication en s’appropriant ce virus avec lequel nous sommes contraints de vivre ces prochains mois ?

Si les gestes barrières devenaient une opportunité pour les marques de créer des nouveaux moyens de communication, d’expression ? Considérer le masque comme un nouvel accessoire de mode, telle une paire de lunettes. Se laver régulièrement les mains ? Une aubaine pour les entreprises productrices de savons ou autres produits d’hygiènes pour mettre en avant certaines gammes et références parfois occultées…

© Maxi Tendance

Jetons un œil sur le secteur de la mode, ce secteur classé dans la catégorie des « biens non nécessaires ». Une industrie qui tourne aujourd’hui au ralenti et accuse une baisse d’activité conséquente. Selon les Echos, on parle par exemple d’un manque à gagner de 83 millions d’euros pour les grands magasins Printemps et les Galeries Lafayette par exemple. Malheureusement, on peut craindre que la réduction à une personne sur une surface de 10m2 en magasin, la distanciation physique, ainsi que l’obligation de désinfecter chaque pièce essayée par un client avant qu’un autre ne puisse le toucher… sont autant de contraintes qui pourraient freiner même les plus téméraires d’entre nous… C’est peut-être le moment de résoudre le casse-tête de l’expérience client via les plateformes digitales, un enjeu de plus en plus différenciant pour les marques.

Balmain SS20 à l’Opéra Garnier à Paris le 27/09/2019 – Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP

Alors, quid de la consommation de cette nouvelle décennie ?

RDV dans quelques jours pour le découvrir…

STÉPHANIE LU
Head of social media communication

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Un commentaire sur “DÉCONFINEMENT, MODE D’EMPLOI !

  1. Anitha Fredel says:

    Un article très intéressant et pertinent! Je serais intéressée de trouver comment redonner confiance à la clientèle et avoir une reprise normale, dans un marché ou la « PEUR » du non respect des distanciations physique et sociale qui prédominent, malgré tous les investissements nécessaires pour la mise en place des mesures sanitaires.

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