RICA LEWIS est une des marques françaises de jean leader en grande distribution pour l’homme et la femme.

Edith Keller, PDG du bureau de tendances Carlin Creative : David Valliaron, tu es le directeur Général de Rica Lewis depuis 3 ans, peux-tu nous dire comment se porte le marché du jean en cette période troublée ?

David Viallaron, Directeur Général de Rica Lewis : Nous avons, bien sûr, connu une forte baisse de chiffre d’affaires lors du premier confinement, puisque les hypermarchés, même ouverts, ne vendaient que très peu de non alimentaire. En revanche la relance a été excellente notamment grâce aux produits saisonniers plein été. La situation est encore plus traumatisante pour le deuxième confinement puisque tout est à l’arrêt, pour nous, en grande distribution.

E.K : Pourtant, depuis plusieurs années vous avez développé de nombreuses innovations notamment au niveau des matières qui ré enchantent le denim :

D.V : Oui nous avons développé deux matières intelligentes, comme le coolmax pour un confort optimum ou le thermolite qui permet de réguler la température. Ces produits nous permettent de proposer des innovations denim stretch adaptées au consommateur.

David Valliaron – Directeur Général – Rica Lewis

Rica Lewis

E.K : Qu’en est-il de vos progrès RSE ?

D.V : Depuis 2006, avec le 1er jeans coton équitable, nous renforçons notre démarche de progrès. Les produits écoresponsables représentent 40% de notre production. Nous développons des jeans en coton bio, nos délavages sont waterless, nous travaillons aussi des cotons tencel, et du jean recyclé.

E.K : La grande distribution est-elle très demandeuse de ces produits durables ?

D.V : Absolument, pour autant en grande distribution, nous sommes confrontés au problème du prix avec une offre parfois paupérisante. Il est clair que le consommateur, qui réclame que les marques soient de plus en plus engagées, doit aussi prendre ses responsabilités et accepter une hausse de prix totalement justifiée par la qualité et les certifications. Cet hiver, nous avons lancé un jeu concours sur nos denims bios, Happy Green, les gagnants pourront passer un week-end dans un eco-lodge, et 100% des acheteurs de 2 produits minimum se voient gagner des activités green (jardinage, loisirs, diy). Nous touchons avec ce produit une nouvelle clientèle plus jeune, engagée, et prête à consommer autrement.

Jeu Happy Green – Rica Lewis

E.K : Tu viens de changer ton site e-commerce pour présenter l’ensemble de ton offre et notamment la marque Ober qui prône le respect des morphologies, une marque inclusive avant l’heure. As-tu de bons résultats ?

D.V : Oui, nous avons relifté tous nos sites en mars 2020, et pour nous industriels, et pour nous industriels, il est vraiment intéressant de toucher directement le consommateur, les remontées clients nous font progresser, surtout sur le bien aller de nos pantalons.

Ober

E.K : J’ai appris que tu lançais une ligne Workwear Jean, raconte nous la genèse de cette diversification …

D.V : Historiquement, nous fournissions des guêtres aux dockers et à l’armée, nous avons réalisé qu’il n’y avait que très peu d’offre authentique jeanswear hyper confort adaptés aux pros du BTP et aux amateurs de bricolage. Nos produits sont très fonctionnels et ont toujours un bon look. Nous avons un très bon accueil en France et sur l’Italie notamment.

E.K : Outre cette diversification, tu viens d’annoncer ton nouveau partenariat avec une jeune styliste niçoise Mathilde Jacob qui lance sa marque Fierteporter ?

D.V : Oui, nous aimons lancer des capsules en l’honneur d’artistes comme Ben, Keith Haring, mais aussi avec des stylistes comme Stella Cadente. Aujourd’hui nous accompagnons Mathilde car son travail correspond à notre ADN jean workwear et c’est un futur talent.

E.K : Quel est ton objectif à 3 ans ?

D.V : Devenir une plateforme de marques spécialisées dans l’univers du jean, sur différents canaux de distribution. Réussir à produire 85% de produits éco-conçus à des prix accessibles.

E.K : Que penses-tu d’une production locale ?

D.V : Bien sûr nous aimerions produire local mais cela nous semble utopique à ce jour. Aujourd’hui sur 60 millions de jean vendus moins de 100 000 sont produits en France, et ne concerne qu’une minorité de consommateurs très peu présent dans le mass market, le PVC étant au minimum de 69€.

E.K : Je vois que tu as toujours la même passion et la même énergie pour développer ton univers jean, cela fait du bien, dans cette période épineuse, d’échanger avec un interlocuteur comme toi toujours dans l’optimisme et le projet constructif. Merci ! 

EDITH KELLER
PDG

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