En cette période, sous le signe de la solidarité à l’effort de guerre, nous sommes fiers de mettre en avant nos clients. Aujourd’hui, nous avons l’honneur de discuter avec le PDG du groupe Eminence à propos de leur initiative de fabrication de masques en textile.

EMINENCE SITE D’AIMARGUES

Vous avez été l’une des premières entreprises, à proposer votre soutien aux personnels hospitaliers en fabriquant des masques de protection, qui était à l’initiative de cette décision ? Comment l’avez-vous communiqué en interne ? Quelles ont été les réactions des salariés ?

Le Groupe Eminence est labellisé « Sécurité Civile ». Le 13 mars, le Médecin-Colonel Tur qui dirige les services sanitaires du SDIS34 nous a demandé de fabriquer des masques « barrière » en textile sur son cahier des charges. Nous n’avions jamais imaginé produire des masques et n’avions aucune compétence sanitaire. Pourtant, grâce à une mobilisation extraordinaire de nos salariés d’Aimargues, la production des premiers masques pour les CHU et sapeurs-pompiers commençait le 20 mars avec des matières habituellement utilisées pour nos sous-vêtements et pyjamas. Il me semblait impossible de concevoir et produire une innovation en une semaine seulement. Pourtant l’enjeu était si vital et si urgent qu’une solidarité interne et externe avec nos fournisseurs (Balas Textile par exemple) et sous-traitants a permis de réussir un masque grand public de catégorie 1 qui a des résultats aux test DGA parmi les meilleurs (99% de filtration à 1 micron). Nous avons reçu des demandes pour livrer plus de 12 millions de masques textiles. Nous parviendrons à en livrer environ 4 millions avant fin juillet. Ils sont vendus à prix coûtant (3€HT maximum) aux SDIS, CHU, force de l’ordre, armées, collectivités locales et autres grands donneurs d’ordre (distributeurs, banques…). J’ai personnellement communiqué régulièrement sur l’avancement de la production de masques par messagerie interne aux salariés au travail ou en chômage partiel et aussi sur LinkedIn. Nous avons reçu énormément d’encouragements de toutes parts (sapeurs-pompiers, élus, media, ONG, grand public…). Nos salariés sont extrêmement fiers de protéger ceux qui luttent contre le virus. Je suis aussi extrêmement touché par leur courage, leur dévouement et l’ingéniosité qu’ils ont su démontrer.

Eminence – Usine de Sauve – Atelier de fabrication de masques barrières

Aujourd’hui, vous proposez de vendre ces masques aux particuliers, est-ce une offre de circonstance ou pensez-vous en faire une offre permanente ?  

Nos lignes de confection sont saturées jusqu’en juillet. Nous ne pouvons donc offrir aux particuliers que des kits de masques à coudre soi-même que nous vendons sur EminenceLe Groupement E.Leclerc nous a commandé près d’un million de masques qu’ils souhaitent vendre au grand public. De nombreux médecins et distributeurs sont persuadés que les masques grand public doivent rester une offre permanente jusqu’à ce qu’un vaccin ou traitement efficace soit largement disponible.

Eminence – Kit masques

Pensez-vous que les masques (une fois le traumatisme actuel atténué) puissent devenir un accessoire aussi bien vécu qu’en Asie, à la fois protecteur et protégeant ?

Je pense qu’il faudra encore de nombreuses années et une grande pédagogie de la part des media et pouvoirs publics pour que le port de masque soit aussi bien accepté et répandu en France qu’en Asie.

Pensez-vous qu’il pourra, un jour, être « fantaisie » ? Ou « porteur de message « ?

Nous travaillons actuellement sur le lancement de masques fantaisie pour enfants et adultes sous la marque Athéna. Certains fournisseurs proposent déjà un marquage personnalisé ou publicitaire. Nous n’avons pas voulu répondre à ce besoin au départ pour privilégier les commandes prioritaires à de gros volumes.

Quels atouts sont les vôtres pour répondre aux changements de consommation engendrés par la crise ?

Je crois que la notoriété ancienne de nos marques (Liabel 1851, Eminence 1944, Athéna 1962) et le savoir-faire des opérateurs, techniciens et ingénieurs dans nos usines européennes sont des atouts différenciants. Alexandre Mars a écrit dans son livre « Giving »: « Purpose is the new currency ». Le défi que nous devons maintenant relever est celui du sens, de la cohérence entre notre discours et nos actes pour répondre à la fois à la transition écologique et digitale en cours mais aussi à la crise économique et sociale qui menace le pouvoir d’achat de millions de citoyens.

Merci beaucoup Dominique Seau pour ces réponses inspirantes.

EDITH KELLER
PDG

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