Jardiland

Edith Keller – PDG du bureau de tendances Carlin Creative : Tout dabord, avez-vous constaté une réelle évolution de consommation sur le site et en magasins ?

Vincent Avignon – Directeur des Enseignes Jardiland : La crise sanitaire a clairement perturbé les comportements de consommation. Pendant les 1ères semaines du confinement, seuls les rayons alimentation animale, alimentation et potager de nos magasins étaient ouverts. Avant d’ouvrir totalement mi avril, nous nous sommes totalement réorganisés en points de vente pour pouvoir garantir la sécurité de nos collaborateurs et de nos clients. Dans ce contexte, nous avons en effet observé un véritable engouement pour le click&collect (+60% de chiffre d’affaires sur ce circuit qui, pendant quelques semaines, constituait le seul moyen de se procurer des végétaux d’ornementations) mais également de nouveau comportements en point de vente à proprement parler. Alors que traditionnellement nos magasins sont des destinations « shopping », des lieux où on aime flâner, nous avons pu observer des visites en magasins plus fonctionnelles. Et c’est le point important à bien comprendre, la crise sanitaire est intervenue alors que nous étions en « haute saison commerciale » (50% des achats en jardineries interviennent au Printemps). Comme chaque année, les Français avaient besoin de s’équiper pour préparer leur jardin. Peut-être un peu plus cette année, ils avaient envie de se faire plaisir en faisant pousser des végétaux. Nous déployons une stratégie omnicanale depuis plusieurs années, et la période vécue nous a montré à quel point il était essentiel de pouvoir répondre aux envies et aux besoins de nos clients aussi bien en physique qu’en digital.

E.KLes potagers de ville, ou de campagne ont-ils été les vedettes durant le confinement ?

V.A : D’une manière générale, la période que nous avons vécue, une période où les Français se sont concentrés sur les envies essentielles, nous a conforté dans les fondamentaux de notre métier. Car notre métier est de répondre aux besoins essentiels des Français au jardin. Alors oui, effectivement, et on le voit depuis plusieurs années, de nombreuses Françaises et Français souhaitent reprendre leur destin alimentaire en main, et pour ce faire, cultivent un potager. Nous avons ainsi vu de jeunes couples urbains, qui ont profité de la période pour s’inscrire dans cette dynamique, avec parfois l’envie de cultiver des plantes et légumes oubliés. Nous avons aussi vu qu’à travers les regroupements familiaux, le potager a pu s’imposer comme un vecteur de transmission, de pédagogie et d’activité familiale, rassemblant parents et enfants notamment. Enfin, un certain nombre de nos clients, que ce soit par tradition ou par recherche d’économie, ont continué à perpétuer leur activité potagère : semer, cultiver, conserver, consommer… pour certains d’entre eux, un potager est l’occasion de manger sain et suffisamment toute l’année.

Jardiland

E.K : Pensez-vous avoir faciliter les liens familiaux durant le Covid notamment avec le jardinage ? Avez-vous eu des témoignages à ce sujet ?

V.A :Très clairement, le jardinage a comblé de nombreux besoins pendant la crise sanitaire. Tout d’abord, le jardinage a pu s’imposer comme une activité de bien-être, en solo, en couple ou en famille. Alors que nous étions dans une période particulièrement angoissante, pétrie d’incertitudes, le jardinage a pu être vécu et pratiqué à la hauteur de ses bénéfices : une activité où je me fais du bien, où je prends soin d’un végétal, une activité peut-être modeste mais sur laquelle on a de la prise, une activité qui génère des résultats en termes esthétique, nourricier, ou tout simplement de satisfaction, une activité authentique et utile où l’on se connecte au vivant. Qui plus est, nous avons particulièrement été témoins que la quête d’autosuffisance, qui se développe depuis plusieurs années, a pris de la force, et cela, toutes générations confondues.

E.K : Avez-vous le sentiment davoir contribué à latténuation du stress pendant le Covid ?

V.A : Certainement que le jardinage a pu contribuer à atténuer les difficultés vécues par les Françaises et les Français. Que cela soit en permettant une activité de mise en culture et d’ouverture sur l’environnement avec les enfants, en apprenant la patience du rythme végétal – « carpe diem », à chaque jour suffit sa peine – en envisageant un chemin vers l’autosuffisance alimentaire, ou plus largement en permettant de se projeter dans l’avenir, d’envisager de nouveaux projets d’aménagement de son extérieur… le jardinage a pu être partie prenante de l’élaboration de la résilience des Françaises et des Français au cours de cette période.

Jardiland

E.K : Quelles sont les activités qui ont été le plus plébiscitées ?

V.A : Les 3 activités qui ont rencontré le plus de succès sont :

  1. L’aménagement de son espace vert, intérieur, bord de fenêtre, jardin avec une recherche esthétique de plus en plus aboutie.
  2. La mise en culture raisonnée et optimisée.
  3. Les activités pédagogiques.

Jardiland

CÔTÉ TENDANCES

Jardiland

E.K : Le bio, est bien sûr une tendance bien établie, constatez-vous un accroissement des ventes de bio dans tous les traitements de végétaux ? Constatez -vous, comme en beauté, laccroissement du « fait maison » ?

V.A : Plus que le label « bio » à proprement parler, nous observons que les consommateurs aspirent à reprendre en main leur destin alimentaire et leurs comportements de consommation plus largement. Nous voyons ainsi que les envies de local, de circuit-court, de terroir, de sain sont de plus en plus prégnantes. C’est quelque chose que nous traduisons concrètement en terme de jardinage, notre ambition étant de partager, de démocratiser les techniques alternatives de culture et de jardinage, pour toujours mieux consommer.

E.K : Tendance à la féminisation dans loutillage (allègement, confort…) semble indispensable mais malgré tout encore timide… Avez-vous des projets sur ce sujet ?

V.A : Notre métier est de proposer à nos clients les produits et les services qui correspondent à leurs envies et leurs besoins. Nous travaillons donc largement à toujours innover dans cette dynamique, en ayant pour leitmotiv de proposer des produits et des services aux meilleurs usage/prix.

E.K : Allez-vous développer de nouveaux produits liés au bien-être à lintérieur comme à lextérieur, comme des absorbeurs de bruits par exemple ?

V.A :Notre métier chez Jardiland est d’aider nos clients à cultiver leur bien-être ! Tous les produits et les services allant en ce sens ont leur place chez Jardiland. Quoiqu’il en soit sur ce sujet, nous travaillons actuellement sur l’isolation phonique et visuelle en respectant au maximum les normes environnementales de la création à la mise en place magasin.

E.K : Votre enseigne a su apporter beaucoup de réconfort durant le confinement, quelle sera votre ambition post-covid ?

V.A : Ce qui guide nos initiatives est l’ambition d’agir pour que chacun accède aux bienfaits de la nature. Cette ambition est forte mais particulièrement nécessaire dans le monde dans lequel nous évoluons toutes et tous désormais.

Jardiland

E.K : Merci beaucoup pour cette interview et cette ambition qui nous fait rêver !

EDITH KELLER
PDG

contact us

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.