MARC PARASKEVA / AUTEUR PHOTOGRAPHE / LA CAPTURE DU TEMPS

Pascale Briand (Responsable style Intimité & Swimwear) : Bonjour Marc, avant de parler de ton travail, peux-tu nous donner les grandes lignes de ton parcours ?

Marc Paraskeva – Auteur photographe : Les années 80 furent riches en découvertes. Premier appareil photo argentique et première guitare, après des années de dessin et peinture. Puis la musique resta un loisir et la photographie devint un travail passionnant : Laborantin en labo pro, assistant de mode et de studio, photographe free lance. Ma curiosité m’amena à explorer d’autres univers aussi enrichissants : Cinéma , fictions et documentaires, découverte de l’image numérique alors émergente, multimédia, montage, post production, scenarii… avant de revenir il y a quelques années à mes premières amours : la pellicule sensible et la matière.

Marc Paraskeva

Pour découvrir son travail, rendez-vous sur son site ou sur son compte instagram.

#1 STORYTELLING 

P.B : Tu te définis comme Auteur photographe. Est-ce que ta priorité est de raconter une histoire ?

M.P : Oui en effet quelques soient les thématiques que j’aborde, la narration et l’intention sont toujours les fils conducteurs. Les gens photographiés peuvent être perçus comme des personnages de fiction et les lieux comme des décors. Mon travail d’interprétation des images commence aussi par le fait de les nommer de manière décalée ou fantastique, ce qui oriente leur lecture par le spectateur. 

Alice’s Rabbit

Ghost Drying

À mon épouse

#2 PHOTOGRAPHIE ET PEINTURE

P.B : Tu utilises la pellicule photographique noir et blanc comme support de captation, mais ton travail de mise en couleur peut faire penser quelques fois à de la peinture traditionnelle. Quelle est ton approche sur ces deux pratiques ?

M.P : C’est une pratique photographique, sans hésitation. Les travaux préalables de prise de vue et de laboratoire prennent une part déterminante dans ce processus. Si la photo en tant que telle ne me semble pas intéressante de forme ou de sens, il est rare qu’une mise en couleur amène un intérêt supplémentaire. Mais le retour à la matière s’est imposé comme un impératif et le travail de la couleur comme une évidence.

The last dance

Sophie on the sofa

#3 LA DÉMARCHE

P.B : Qu’apporte cette mise en couleur faite à la main ?

M.P : La pellicule couleur porte déjà elle-même une interprétation. D’abord par sa conception, ensuite par les contraintes de développement et de tirage. Je ne fais qu’élargir les limites techniques en y insérant une grande part d’imaginaire. Le seul souvenir de l’atmosphère colorée de la prise de vue, des personnes et lieux photographiés, bien que moins précis dans le temps, me semble plus pertinent. Je ne propose à ce sujet qu’un témoignage subjectif. Sur cette base, il m’arrive d’ailleurs fréquemment de réinventer des couleurs qui n’ont jamais existées, mais qui me semblent plus conformes à ce que j’ai perçu du sujet et de ce que je veux en dire. C’est un peu comme la mise en musique d’un texte, en mode majeur ou mineur pas exemple.

After the party

Dancing Queen

La quadrature du chat

#4 LE VIRTUEL ET LA MATIÈRE

P.B : N’es-tu pas tenté de développer cette approche avec les techniques numériques ?

M.P : Je connais bien ces outils et les ai pratiqués longtemps dans le domaine du multimédia. La captation presque clinique que peut apporter le numérique, même si elle est très malléable, n’est pas plus porteuse de sensibilité qu’une approche manuelle et instinctive. La matière a une vie propre et versatile, ce qui la rend unique et certainement plus précieuse. L’image finale conçue ainsi, contrairement au numérique, est impossible à reproduire à l’identique.

Red tree

Hidden foot

#5 LA COULEUR

P.B : Comment décides-tu de la couleur ? As-tu des teintes préférées ?

M.P : Cela dépend du sujet, mais j’aime assez bien les opposer. En confrontant des complémentaires de manière assez brute par exemple. L’intention, au-delà de l’esthétique, joue un rôle important. Sur l’un des tirages appelés « Stone Flowers » où un bac de fleur est contre un mur, l’idée était de traiter le minéral comme de l’organique et le végétal comme du minéral. Ce jeu sur l’écart est souvent porteur de réflexion. Jouer sur les sensations que nous procurent la couleur et ses symboliques culturelles me semble intéressant.

Mother and son

Stone flowers

#6 QUESTION ANNEXE

P.B : Pour rester dans les ressentis que nous procure la couleur, qu’est-ce que t’évoque  Chesnut, la couleur du mois Carlin ?

M.P : C’est une couleur qui va très vite être de saison. J’ai la chance d’être entouré d’une nature qui va bientôt m’en proposer une infinité de variantes. Ce sera une belle occasion de les observer et d’en trouver une interprétation pour mes futurs travaux.

P.B : Merci Marc, pour nous avoir fait voyager dans ton univers inspirant !

Pascale Briand
Responsable Style Intimité & Swimwear

CONTACT

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.