Tout le monde s’accorde sur le succès de cette 4ème édition. Pléthores d’innovations furent présentées par des start-ups dynamiques (nous les abordons dans un autre article), et de nombreux « big speakers » ont su marquer les esprits (notamment les nôtres chez Carlin !). Voici donc une sélection des petites phrases des acteurs de la Tech qui éclairent notre avenir connecté. 

dES ORATEURS AUX VISIONS MULTIPLES

Garry Kasparov, Usain Bolt,Justin Trudeau, Jack Ma – [Photo LCI/Vivatech 2019]

Cette édition a su miser sur la qualité et la diversité des orateurs, ce qui a permis des éclairages variés aussi bien d’un point de vue géographique (voire géopolitique) que sociologique.

On a pu notamment écouter (par ordre alphabétique) : 

Garry Kasparov, légende d’échecs, devenu ambassadeur d’Avast
Ginni Rometty, CEO d’IBM
Holly Ridings, chef des vols à la NASA
Jack Ma, CEO d’Alibaba
Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, Justin Trudeau, Premier ministre du Canada
Mickey Mikitani, CEO de Rakuten, Inc
Noel Sharkey, Professeur Émérite en IA et robotique à l’université de Sheffield, Angleterre
Usain Bolt, ex-sprinter avec ses trottinettes électriques
Vas Narasimhan, CEO de NOVARTIS
Young Sohn, CEO de Samsung …

DES THÉMATIQUES QUI INTERROGENT LE SENS DANS LA TECH 

What’s next talks – [Photo Meero/Vivatech 2019]

La démultiplication d’offres inventées par les startups ou scales-up (surtout des apps et dont la plupart ne deviendront pas des Licornes, hélas) incite aujourd’hui à s’interroger : quelles sont les innovations (réellement) utiles dans la tech ? La vitesse d’innovation est-elle (forcément) l’ennemi du bien ? Est-ce que (vraiment) tout le monde peut devenir le disrupteur de demain ?

4 ans après l’effet Waouh plus ludique de la première édition, cette année le monde de la tech semble avoir muri en tentant de répondre, chacun à sa manIère, aux enjeux qu’il soulève. 

Conférence Girl power – [Photo Meero/Vivatech 2019]

On peut donc dire que ces 3 thématiques majeures ont été abordées de manières transversales pendant le salon : l’IA (et son impact sur le monde), la place des femmes dans le numérique (« Gender equity » oblige !), et surtout quid des enjeux du bien commun dans la tech. 

LE BIEN COMMUN (CREDO DE LA FRANCE ET DE L’EUROPE PLUS LARGEMENT)

 [Photo Meero/Vivatech 2019]

Face aux Tech leaders géants chinois et américains, la France veut jouer la carte du leader moral. Le pays souhaite communiquer une vision plus humaniste et sociale que la Silicon Valley, tout en étant plus ouvert et transparent que la Chine.

Pour affirmer cette stratégie axée autour du bien commun, la France déploie ainsi, pour la 2ème année, Tech4 Good : 

  • Via un 2ème sommet qui s’est tenu au Palais de l’Élysée la veille du salon, et qui a réuni plusieurs dizaines d’entrepreneurs et responsables politiques du monde entier. Ils y ont lancé « l’appel de Christchurch » (en réaction à l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande) pour mieux lutter contre l’extrémisme violent sur internet et la diffusion des propos haineux.
  • Et sur le salon, où la Tech4good a mis toujours plus en avant les initiatives qui se préoccupent de l’impact social et environnemental. Une façon de répondre à la quête de sens de l’innovation Tech et de la considérer comme un outil destiné à servir le bien commun.

Justin Trudeau, Premier ministre du Canada – [Photo Hubinsitute.com/Vivatech 2019]

Extraits entendus sur Viva tech’

 » Face aux enjeux climatiques et sociaux, innover pour innover ne semble plus raisonnable. Il faut que l’innovation technologique soit au service du bien commun « . Justin Trudeau, Premier ministre du Canada

« Il faut distinguer l’innovation utile de l’innovation gadgets ». Julie Chapon, fondatrice de Yuka, une app. qui permet de scanner les produits alimentaires et cosmétiques pour évaluer leur impact sur notre santé.

 « Il faut se méfier de la pensée magique que la tech va résoudre tous nos problèmes». Vianney Vaute, cofondateur de Back Market, la plate-forme de vente d’appareils reconditionnés. 

«Les investissements responsables peuvent être moins risqués et avec un fort potentiel de valorisation. ». Eva Sadoun, Fondatrice de Lita.co, une société, qui permet aux internautes d’investir, dès 100 euros, dans des sociétés à vocation sociale ou environnementale.

Un point de vue conforté par les résultats du rapport McKinsey commandé pour évaluer la ‘tech for good’ :

« D’un point de vue micro et macroéconomique, ‘Tech for good’ est aussi bénéfique pour les entreprises que pour la sociétéOn peut avoir le beurre et l’argent du beurre : une meilleure croissance économique et une meilleure vie. » Eric Hazan, senior partner chez McKinsey

DES VISIONS DIFFÉRENTES À L’ÉCHELLE DE LA PLANÈTE

Toutefois, la volonté de la France et plus largement de l’Europe, de tendre vers une tech plus éthique et respectueuse de l’humain, se heurte à des visions différentes à l’échelle de la planète :

Jack Ma, fondateur du groupe chinois Alibaba, en parlant des élus européens :« …Tout ce qu’ils font est rempli de règles et de loiset dès qu’ils pensent, ils commencent à s’inquiéter. Quand ils s’inquiètent, ils font des règles et des lois. » Contrairement, selon lui, aux entrepreneurs chinois qui, face aux problèmes, « commencent à les résoudre, puis ils réfléchissent aux règles et aux lois ». Et ajoute « …Nous ne devons pas causer des problèmes à tout le monde à cause de problèmes particuliers». Avant de conclure « je conseille aux gouvernements d’embrasser le futur.»

Jack Ma, Alibaba – [Photo Meero/Vivatech 2019]

Moins radicaux, les grands acteurs américains négocient une co-régulation avec les états européens, leur objectif étant d’éviter que l’Europe les contraigne trop fortement.

Selon Yann LeCun (chercheur en intelligence artificielle et vision artificielle, Prix Turing 2019, travaillant chez Facebook) « C’est pour cette raison que Mark Zuckerberg a rencontré Emmanuel Macron la semaine dernière à Paris. Il lui a demandé de définir les contenus considérés comme acceptables par le gouvernement français».

Il précise en conclusion que Facebook « ne veut pas travailler en Chine car nous ne voulons pas fournir les données des utilisateurs de Facebook au gouvernement chinois. »

Yann LeCun, chercheur en intelligence artificielle et vision artificielle. Prix Turing 2019. Facebook – [Photo @marcchemin91/Vivatech 2019]

Concrètement, l’Europe lève « quatre fois moins de fonds que la Chine ou les États-Unis » et abrite « Seulement 11% des licornes mondiales.» Julie Ranty, Managing Director @VivaTech

Ainsi, si défendre le credo du bien commun est tout à l’honneur de l’Europe, force est de constater que cela pourrait être un crédo (d’éternel ?) challenger tant les 2 grands blocs Asie-USA semblent engager un sprint concurrentiel qui en rappelle un autre plus ancien… D’ailleurs qui vient de relancer le programme « Back to the Moon » ?

Yonatan Winetraub SPACEIL, Holly Ridings NASA, Oliver Morton MR, Anousheh Ansari XPRIZE FOUNDATION – [Photo @heticVivatech 2019]

 

Viva Tech 2019 en résumé

  • + 24% de participants vs 2018
  • La présence de tech leaders mondiaux
    Google, Microsoft, Facebook, Saleforce, Amazon, AWS, Cisco, HPE, Intel, Oracle, EY
    Samsung, Softbanks robotics, Huawei
    Orange, Capgemini, Thales, Atos, Talan, Bosch
  • 19 pays représentés, issus des 5 continents

Environ 50% des start-up exposées n’étaient pas françaises

  • Tous les domaines représentés
    B2B et B2C
    Santé, mobilité, transports, edtechs (education), hrtechs (Human ressource), fintechs (finance), smart city et bien sûr Cloud et IT (information technology).
Geraldine bouchot marketing directrice carlin creative trend bureau

GÉRALDINE BOUCHOT
Directrice Éditoriale Tendances & Prospective

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